Tatoueur Paris, Niko specialiste du tatouage à Paris tattoo tous style de dessin tatouage


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Magazine Kustom Tattoo Rise

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Niko est un personne que j’ai rencontré depuis son arrivée à Paris au début des années 2000 lorsque j’étais moi- même assistant-manager d’un shop de renom parisien. J’ai suivi son parcours de près comme à distance, avec des passages à son studio fréquents ou espacés, et j’ai remarqué l’évolution de son travail ainsi que de sa personnalité au fils des années. Aujourd’hui, Niko oeuvre avec la conviction d’avoir trouvé son style de prédilection, une approche personnelle… pleine de sens.

Petite présentation… Quel a été ton parcours, qu’est ce qui t’a fait devenir tatoueur et ta vision sur le tattoo à l’époque?

L’aventure de Kustom Tattoo à commencé il y a 12 ans déjà. Ma rencontre avec le tatouage s’est produite bien avant en 1993, la veille de mon départ pour le Canada. Là ce fut la « claque », complètement fasciné par le pro- cédé et l’exécution, je reconnais- sais dans cette expression graphique, un art de rébellion, une façon de pouvoir exprimer sa pleine nature dans une société trop conformiste à mon gout. Arrivé à Montréal, je me suis retrouvé manager d’un « street shop » alter- natif, où pour une poignée de dollars vous pouviez vous métamorphoser en un chanteur de Hard Rock. On y faisait de l’airbrush (aérographe), du pier- cing et bien évidemment du tatouage. Je bossais la journée au shop de la rue St Catherine et le soir je dessi- nais, et préparais des planches. Cela dura quelques mois, plus le temps avançait plus mon désir de m’investir dans le tatouage devenait obsessionnelle, de là une opportunité c’est présentée ; retour en France, avec quelques amis on a ouvert un shop de tattoo (dans le centre) : un « feu de paille », cela c’est révélé bien plus compliqué, mais à eu l’avantage de me mettre le pied à l’étrier. C’est là que j’ai eu mes premières machines et que la quête du Graal à commencé…

J’avais le désir d’approfondir la technique (contrairement à aujourd’hui, ou les machines sont souvent préréglées) et de la maitriser. A ce moment le sentiment d’être convaincu que le tatouage était la voie dans laquelle je voulais persévérer, ma donné la force de conviction nécessaire dans un milieu qui à l’époque était plutôt hermétique et violent (sans blague).

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Depuis ces nombreuses années, tu as vu du monde passer par ton shop, qui furent ces tatoueurs et qu’est ce que tu en as tiré?

Oui effectivement depuis le début de Kustom Tattoo où j’ai commencé en solo, j’ai eu pas mal de passages au sein du studio. Pour les plus marquants, il y a eu Karl Marc, ce dernier m’a fait découvrir le «hand made». D’ailleurs, il m’avait consa- crer un article en 2004 dans Tattoo Magazine américain, et m’a souvent associé à ses livres sur les machines en me sollicitant pour des illustrations et peintures. Il m’a ainsi permis d’aller bosser au Body Electric à Los Angeles. J’ai eu plu- sieurs apprentis : Léa Nahon qui par la suite a pu devenir une excellente tatoueuse et officie actuellement à Bruxelles en Belgique (Ndlr: à La Boucherie Moderne). Il y a egale- ment Justin Dekan, qui est sur Lille, aperçu dans Rise il y a peu (Ndlr: Rise N°20, mai-juin 2012). Il est évident que la possibilité d’avoir croisé le chemin de certaines personnes, permet d’en apprendre sur soi et sur son travail. Par une autre façon d’appréhender le tatouage. Pouvoir transmettre et partagé est évidemment très enrichissant. J’aime ressentir la générosité et la sincérité chez un artiste, cela me touche bien plus que son ego.

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Tu reste un peu à l’écart, ou tu donne cette impression, pourquoi ce choix? Comment le shop fonctionne-t-il?

C’est plus une impression, puisque je m’interesse de très prés à la scéne nationale et internationale, sincèrement je ne peux pas fonc- tionner en huis clos. Après, si être à l’écart signifie ne pas être présent dans le côté «people» du tattoo je te l’accorde, c’est plus une constata-

tion qu’un souhait. Mais j’essaierai de m’améliorer, en mettant un peu de «Bling Bling» dans ma vie publique! (Rires) C’est juré, promis! Trêve de plaisanterie, le fonctionne- ment du shop est une affaire plus que sérieuse car elle permet d’ex- poser ta vision du tattoo. On pour- rait parler d’éthique. Le moment que je préfére lors d’une «rencontre» pour la conception d’un tatouage c’est l’échange des idées. Le principe même de concrétiser au travers d’un dessin, qui permet au tatoué et au tatoueur de s’exprimer tour à tour, l’un a travers sa person- nalité et son projet, l’autre à travers sa créativité et son expérience. Je suis toujours fasciné par l’authenti- cité de l’acte.

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Après avoir cherché et expéri- menté, maintenant, tu pense avoir atteint ton but sur le choix de ton style, de ce que tu veux faire ressortir de ton travail?

Atteindre mon but, oui dans un sens, aujourd’hui mon travail a une maturité cer- taine, les années passent, j’ai pu à travers la technique et l’étude de différents styles avoir la possibilité d’appréhender tout les aspects du tatouage que tu souhaites accomplir. Ta façon de tatouer s’affirme et les motifs de références ou tes préférences sont de plus en plus lisibles et reconnaissables. Donc je dirais que le style n’est plus un choix mais une évidence. Mon style s’apparente à du symbolisme, j’aime contraster, avec les couleurs ou pas, suivant l’ambiance et l’atmosphère du tattoo à traiter. Le «full color» est trop flashy pour moi, je leur préfère les voluptes, des ombrages texturés. Les motifs sont baroques, des vanités, des roses, des crânes, des corbeaux, de vieux portraits, des sculptures se retrouvent souvent dans mes compositions. Sans oublier l’œil, le sens étant souvent fortement imprégné d’ésotérisme.

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Quelles sont tes influences majeures, autant celles qui t’ont suivi depuis tes débuts jusqu’à celles dont tu t’inspire actuellement?

Ayant vécu en Amérique du Nord je citerais comme références Tim Hendriks, Chris O’donnel, ainsi que Mike Rubendall. La richesse et la technicité de leurs œuvres

m’ont fortement inspirés et d’ail- leurs cela perdure encore. Pour des artistes plus récents, Adam Barton, c’est un maître dans son genre. Mon ami Marco Ceretelli, Uncle Allan bien sûr, ainsi que Thomas Hooper, en France j’ai un faible pour la « patte » d’Alix G. Les courants artistiques influents sur mon travail ont des réson- nances avec la peinture fla- mande, dans laquelle les vanités sont souvent traitées. L’imagerie alchimique (maçonnique) et reli- gieuse, sont autant de sources d’inspirations.

Pour finir, des projets en cours, en vue? Des personnes à saluer, à remercier…

Dans les projets, j’aborde une nouvelle étape avec une exposition à la fois virtuelle au départ puis par la suite de manière réelle, avec plu- sieurs artistes, peintres, photographes et tatoueurs. D’où la mise en encre de plusieurs sujet de dos, de manchettes et d’illustrations bientôt visibles sur le nouveau site de Kustom Tattoo. Dont une manchette traitant d’Edgar Allan Poe, étant passionné par le personnage; ainsi que des philosophes tel que Spinoza, Nietzsche… Sujets à venir s’incorporant dans le principe de l’expo. Merci à toi Chris pour m’avoir donné la possibilité d’exposer ma vision du tatouage à travers ces douze années consa- crées sans compromis à un Art qui m’a donné une telle inspiration. Je remercie mes Fréres d’armes : Jean-Marc et Aymeric qui m’ont accompagnés sans faiblir et sans qui il m’aurait été difficile d’arriver jusque là. www.kustomtattoo.com