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Un tatouage (ou tatoo) est un dessin à l’encre ou quelque autre pigment, habituellement décoratif ou symbolique, indélébile, sous la peau. C’est un type de modification corporelle.

Différentes caractéristiques du tatouage : La douleur

Dans cette partie il sera question de rendre compte de l’étude de certaines caractéristiques du tatouage qui peuvent expliquer le rapport des tatoués avec la pratique et le pourquoi de leur volonté de se faire tatouer. Cette étude permettra de voir s’il existe une homogénéité des raisons de se faire tatouer et si les différents types de tatouages traduisent l’identité personnelle de chacun ou une façon de se reconnaître dans un groupe soit les réelles significations du tatouage.

Une première caractéristique du tatouage intéressante en ce qui concerne les implications de l’individu est la douleur. Le tatouage est douloureux puisque la loi interdit aux tatoueurs l’usage d’antalgiques autres que certaines crèmes légères et que le tracé du dessin implique une incision profonde dans le derme. Même effectuée par un très bon tatoueur et à l’aide d’un dermographe moderne, la marque tégumentaire est pénible, surtout si elle dure des heures, ce qui est fréquent. Si le tatouage autrefois était vécu comme une preuve de virilité ce n’est plus aujourd’hui la même signification qui est mise en avant. En effet la douleur physique si elle est perçue comme individuelle, la douleur du tatouage est un élément que tous les adeptes ont en commun et on peut imaginer une certaine forme de respect entre les personnes tatouées tout d’abord, mais aussi entre les personnes qui le sont et celles qui ne le sont pas. Le tatouage fascine par sa beauté, son caractère infini et la douleur qu’il faut supporter pour l’arborer. Dans quelle mesure la douleur permet-elle de créer une identité au sujet qui se fait marquer la peau ? On peut penser aux rites de passage à l’âge adulte dans les communautés primitives qui permettent de donner une valeur identitaire (je deviens un homme) grâce à la réussite dans le passage d’une épreuve. Dans beaucoup de ces rituels primitifs, la douleur qui renvoie au courage fait partie du jeu. Ainsi on pourrait dire que nos sociétés occidentales modernes, de moins en moins encadrées par des symboles collectifs puisque la religion ne joue plus ce rôle par exemple, et parce que l’individualisme croissant pousse chacun à se créer un rituel et une identité propre, ont crées aux individus un besoin de s’approprier la douleur entre autres moyens de devenir adultes. « Chaque acteur ne peut aujourd’hui plus répondre que de façon personnelle à la question de la signification et de la valeur de son existence » (Le Breton, « La sociologie du corps » 1992 PUF), cette affirmation du sociologue du corps Le Breton montre bien que le tatouage peut être devenu aujourd’hui un élément au même sens que le bricolage religieux (« La nébuleuse mystico-ésotérique ») de construction de soi et de sens de la vie de l’individu. La symbolique de la douleur peut permettre une avancée de l’individu dans son cheminement personnel ne serait-ce que comme preuve d’une sortie de l’enfance ou de la puberté. Nombres de tatouages sont faits pour fêter une occasion, souvent le baccalauréat ou les 18 ans, des symboles aussi de la sortie de l’enfance. De même on sait que la douleur du tatouage est une douleur non pas comparable à celle de la maladie mais une douleur nécessaire pour obtenir un bien désiré qu’est la marque corporelle. On ne souffre pas dans ce cas là et selon les adeptes des modifications corporelles, la douleur peut se gérer puisqu’elle est voulue et volontaire. Ici la douleur est seulement un élément du passage de la personne vers un autre soi-même car le tatouage on l’a vu est une marque de la ré appropriation de son corps. Comme les détenus, les tatoués modernes réinventent une liberté qu’ils ont choisie et donc un cadre, des règles que l’on ne trouve plus vraiment dans les sociétés modernes. Cette analyse se base ici sur les adeptes du tatouage plus que sur ceux qui par esthétique ne passeront qu’une seule fois sous un dermographe.

Mais dans le champ propre de la douleur, on peut noter que si le tatouage est aujourd’hui un plaisir et un choix il a pourtant été le symbole de la souffrance réelle à une certaine époque. Au-delà de la marque forcée appliquée sur les voleurs il y a quelques siècles, on retrouve la symbolique de la population marquée non seulement chez les esclaves noirs mais pendant les heures les plus dures de la seconde guerre mondiale. Soixante ans après la libération des camps de concentration nazis, la plupart des juifs marqués d’un tatouage d’identification infligé par SS afin de les dénombrer plus facilement ont conservé cette marque. A l’inverse des situations précédentes on se retrouve devant un cas de destruction de l’identité des individus tatoués. Pourtant peu nombreux sont les rescapés d’Auschwitz qui ont souhaité faire effacer par une intervention de chirurgie ce qu’ils considèrent aujourd’hui non sans difficultés comme une part malheureuse de leur vie et de ceux qui n’ont pas survécu. Les tatoués d’Auschwitz se battent ainsi contre l’oubli et le refus de certain de voir l’horreur. Les nazis dans les camps ne voyant plus des êtres humains dans leurs futures victimes sont arrivés jusqu’à les appeler par des numéros de matricule et ainsi pousser à son paroxysme la déshumanisation. Quoi de pire que d’enlever son identité à un être humain ?

Le tatouage était pratiqué uniquement à Auschwitz, un centre de mise à mort. Ceux qui n’étaient pas tatoués le premier jour étaient sélectionnés pour la chambre à gaz. Paradoxalement dans cette horreur il était bien pire de ne pas être tatoué. Le tatouage a été institué dans ce camp afin d’éviter les erreurs dans la comptabilité des mises à mort, ainsi à partir de la fin 1941 les prisonniers de guerre slaves étaient marqués et dés le printemps 1942, le tatouage devint obligatoire pour tous les hommes, femmes et enfants juifs. Même les bébés étaient marqués, dans la cuisse. Les non juifs aussi étant marqués et possédaient en plus une lettre indiquant leur « statut » ; un Z pour Tziganes (Zigeuner), un A pour aryen…Les numéros constituaient l’ultime carte d’identité de ceux à qui on avait tout enlever. Il fallait pour les déportés pouvoir énoncer son matricule entier en allemand. Les tatouages étaient effectués par ordre alphabétique, on retrouve des familles dont les numéros se suivent.

La technique de tatouage était à l’époque rudimentaire et pourtant beaucoup jugèrent évidemment la douleur morale et l’humiliation bien plus horrible que la douleur physique. On assiste à une forme inédite de la douleur dans le tatouage avec ce cas. Malheureusement les mauvaises conditions de marquage ont tué plusieurs juifs d’infection due au tatouage.

Peu de ces tatoués ont voulu se débarrasser de cette marque. Pour beaucoup ils en sont fiers et ne tiennent pas, en enlevant cette marque, renier leurs origines alors qu’ils ont survécu au pire. Mais non par honte, mais par pudeur la plupart cachent leur matricula sous leurs vêtements, après tout s’il n’ont pas à le cacher, ils peuvent éviter ainsi le regard parfois gênant des quidams. Ce tatouage reste la preuve qu’ils ont survécus. Ceux qui l’on fait brûler ou enlever voulaient tourner la page ou justement éviter de répondre aux questions des gens qui reconnaissaient la marque, le tatouage reste pour certain une souillure du nazisme. Et comme un certain nombre de jeunes ne connaît pas le sens de ce tatouage il est peut-être utile de conserver ces marques du moins en mémoire pour ne pas oublier. C’est le combat de certains qui conservent ce tatouage.

Et puis il y avait à Auschwitz, certaines personnes qui voyaient leur tatouage comme n’importe quel élément d’espoir. En effet certains plus croyants utilisèrent la kabbale pour parvenir à lire un avenir numérologique favorable car c’est de la confiance dans l’avenir que ces rescapés tiraient leur force. On en trouve l’exemple dans la bande dessinée récompensée par le prix Pulitzer « Mauss » d’Art Spielgelman ( 1998 Flammarion) qui raconte de façon autobiographique ses discussions avec son père, un rescapé d’Auschwitz, sur son expérience dans les camps. Un passage de la bande dessinée montre un prêtre français qui réconforte son père en analysant son tatouage par la numérologie et qui lui prédit la survie. Nous avons passé en revue ce que peut signifier la douleur symbolique du tatouage. Une autre caractéristique importante du tatouage est la symbolique du motif.

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