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L’histoire du tatouage (tatoo) est très difficile à retracer, car même s’il s’agit d’une pratique ancestrale, on ne peut pas encore la situer avec exactitude dans le temps.

Le tatouage : du signe identitaire au symbole résiduel ?

Le marquage du corps est assez répandu dans toute l’Afrique. Investi d’un symbolisme social qu’il faut déchiffrer et comprendre, sa résultante est ainsi présentée comme une entité identificatoire, un signe-symbole déterminant de l’organisation sociale. C’est un corps de langage, un corps de croyances et de mythes, un corps de représentation.

Chez certaines tribus africaines, le marquage se fait par lacération des joues, aussi bien des hommes que des femmes. Les balafres ainsi obtenues, identiques chez les éléments du même clan et différentes de celles des autres, servent de signe identitaire, indélébile est toujours apparent car porté à vie sur le visage.

Les balafres forment un code aussi bien doté de sens que l’est un drapeau blanc, une colombe ou l’image d’un crâne barré. De ce fait, elles sont fonctionnelles et ne nuisent aucunement à l’esthétique du faciès dans l’œil et l’esprit du microcosme social les ayant culturellement intégrées comme telles. Tout au contraire, elles revêtent un caractère de beauté additionnelle au visage.

Celle-ci étant toute relative, notre manière d’en percevoir les traits puise ses fondements illusoires des échelles du passé. Comme on nous éduque à n’apprécier qu’une certaine beauté – elle est aussi culturelle que la langue-, on ne doit pas être offusqué par la divergence notable qui sépare notre regard de celui des autres.

Comme les balafres, le tatouage, forme de marquage corporel qui apporte un effet spécial à l’état naturel du corps, suivant les règles spécifiques de chaque tribu, était naguère effectué dans un contexte cérémoniel. Fort doute demeure qu’il ait été une opération de choix car toute jeune fille s’y soumettait à l’âge du mariage. Essentiellement féminin, le tatouage présente des motifs travaillés sur la peau et qui sont souvent décomposables en signes à caractère symbolique relevant de plusieurs types d’interprétation complémentaires.

Ils transcrivent des données codées d’une organisation sociale, d’une mythologie ou d’un phénomène emblématique d’un clan donné. Ils peuvent ainsi représenter des êtres, des objets, des lieux ou des événements investis d’un sens pour la tribu concernée. Là-dessus, la mémoire collective n’a gardé que quelques bribes d’information souvent sujettes à discussion.

Cependant, une chose est sûre, comme les balafres, les tatouages n’avaient qu’une seule fonction au départ : celle de l’identification. Certainement, tel était le cas puisque il y avait une stabilité remarquable dans les motifs appropriés par telle ou telle tribu. Entre les signe-symboles investis dans les tatouages par les Ayt Izdeg et ceux choisis par les Ayt Hdiddou, pour ne citer que ceux-là, les différences sont encore très nettes.

Cela explique le choix du visage comme espace de marquage ; il est la partie la plus visible chez l’espèce humaine, la plus recherchée par le regard car elle demeure la seule à fournir des détails de reconnaissance. On y transcrivait quelques graphèmes ou signes sûrement alors pourvus d’un sens élaboré qui en faisait un dénominateur commun d’affiliation et d’appartenance à un groupe social organisé et territorialement délimité.Aujourd’hui, il n’y a plus que les dénominatifs des différents types de tatouages qui offrent timidement des pistes de prospection.

Le motif dit « patte de l’aigle » se dessine telle l’empreinte de cet oiseau sur les limons humides du bord d’une rivière. De forme trilitère, comme une fourche, il est toujours disposé verticalement, les trois pointes indifféremment vers le bas ou vers le haut. « Tissilt », ou fer à cheval, renvoie au tatouage à la forme arrondi, encore perceptible chez certaines femmes des Ayt Seghrouchèn du haut Atlas oriental et de talssint. Le plus morphologiquement complexe, dit « asklou » l’arbre, se trouve chez les Ayt Myyil et les Ayt Bou Zmmour et présente des ramifications plus sophistiquées.

Plus tard, le tatouage va être perçu comme un acte hérétique et condamné pour porter atteinte au corps appartenant non plus à celle ou celui qui l’habite mais à son créateur. Toute mutilation du corps est jugée tel un acte de refus déjà parfaite et de la création à laquelle rien ne doit être retranché ni ajouté. Acte fort susceptible de conduire ses auteurs directement aux enfers les plus redoutables. La saisie divine du corps va faire progressivement disparaître le sens du symbole longtemps investi dans le tatouage.

Il commencera ainsi à perdre doucement sa fonction identificatoire pour ne garder que celle de l’esthétique et de la prophylaxie. En effet, ayant aussi un pouvoir de guérison, le tatouage est gravé sur les hernies sous-cutanées.

Passé du rang du marquage obligatoire à celui d’une simple channe d’amour et de parure, le tatouage va dépasser l’espace du visage pour accéder à d’autres, parfois cachés et plus intimes. Ses signes graphiques ne tiendront plus que de l’imagination foisonnante des gens, comme celle des néggafat, tuant ainsi dans l’œuf un grand secret dont on essaye encore aujourd’hui de reconstituer une trame quasiment invisible.

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