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Un tatouage (ou tatoo) est un dessin à l’encre ou quelque autre pigment, habituellement décoratif ou symbolique, indélébile, sous la peau. C’est un type de modification corporelle.

Le tatouage a une valeur identitaire intime s’il est discret et incisé en un lieu que masquent habituellement les vêtements (sein, haut des cuisses, hanche, aine, cheville…).Ils sont dissimulés par pudeur et se montrent seulement à des personnes de confiance, à des partenaires de relations sexuelles ou avec des amis avec lesquels on peut franchir les limites de la pudeur. Mais, cependant il peut être exposé dans des lieux de loisirs comme la piscine, lors des activités sportives, sur les plages en été. Il est alors vécu comme un atout de séduction attirant les regards envieux. Les tatoués sont de bons connaisseurs des rites sociaux d’interaction, ils comprennent souvent la nécessiter de ne pas choquer en exhibant leurs marques corporelles. Ils apprennent à s’adapter en permanence aux circonstances, à s’habiller différemment, à dissimuler ou mettre en avant leurs marques selon leurs propres décisions et ce qu’ils souhaitent donner à voir d’eux-mêmes à telle ou telle personne de leur entourage. Parfois le jugement négatif vient des autres tatoués qui pensent que leurs amis vont parfois trop loin dans la provocation. Par exemple ils trouvent normal que leurs amis se couvrent lorsqu’ils sont à la recherche d’un emploi pour dissimuler les tatouages ou autres marques corporelles. On pourrait penser que c’est une manière de ne pas assumer leur choix dans certaines situations, mais en fait ces individus considèrent leurs tatouages comme un élément personnel qu’il ne convient pas d’imposer à tous, et, de plus les tatoués de nos sociétés modernes ont tendance à respecter assez facilement les normes sociales, ainsi ils s’adaptent afin d’y correspondre du moins dans les lieux tel que le cadre professionnel. Après, libre à eux de mettre en avant leurs tatouages lorsqu’ils vont en boite de nuit ou sortent avec des amis.

D’autres, mais ils sont rares, s’insurgent contre le politiquement correcte de l’apparence et refusent de plier devant les préjugés des autres. I l est possible que cette attitude provoque plus un mouvement de recul de la part de la population qui n’est pas encore habituée à croiser des tatoués dans les administrations et les magasins et les considère encore, pour les moins jeunes, comme des marginaux. Forcer le passage des marques corporelles dans la norme ne sert à rien puisque les nouvelles générations ne le réprouvent plus et possèdent de moins en moins de préjugés à leur encontre.

Les tatouages au visage sont des stigmates volontaires. Dans l’historique du tatouage on remarque facilement que les marins qui se faisaient passer pour des anciens otages tatoués de force par des autochtones évitaient de se faire tatouer le visage pour conserver une vie sociale. En effet même à l’époque, les vêtements permettaient de couvrir les corps presque entièrement tatoués, en revanche le visage restait découvert. Aujourd’hui ce type de tatouages

visible dès le premier regard, est un stigmate et une barrière contre l’interaction avec les autres individus. La personne tatouée s’expose de manière permanente au regard des autres, les regards sont constamment tournés vers la personne.

Le Breton signale le cas d’un homme tatoué au visage : « Tattoo Mike se souvient de la manière dont son existence a basculé après ses tatouages au visage : Cela a tout changé, avec mes mains tatouées, je pouvais encore faire des choses. Avec mon visage tatoué ce n’était plus pareil. J’étais définitivement un homme marqué. J’aimais ça la plupart du temps mais ce n’était pas facile pour trouver du travail. » Ce type d’expérience peut être une façon de tourner le regard vers soi mais enferme forcément l’individu dans le regard superficiel des autres, on va le juger souvent mais les possibilités d’interaction vont être amoindries, sauf peut être dans le milieu des tatoués. En effet la société à du mal à accepter les changements radicaux qui empêchent les individus de se reconnaître dans l’autre et donc de l’accepter.

On remarque donc que si les personnes qui utilisent les tatouages et les marques corporelles afin de prouver leur déni de la société sont devenues très minoritaires aujourd’hui, c’est parfois la société qui est un frein dans ses normes à l’émancipation visible de tous les tatoués. La vision du tatouage fait toujours un peu peur surtout dans les cas les plus extrêmes comme le dernier cité. Pourtant le tatouage est de mieux en mieux accepté et tend à se propager dans tous les milieux et à se normaliser à plus ou moins long terme.

Rejoindre la société, se différencier pour exister

Valeur identitaire : le tatouage comme nouveau rite de passage ?

Le tatouage rend-il différent seulement du point de vue de l’apparence ? Comme tous les symboles identitaires, se marquer la peau possède probablement une forte connotation de rituel. Dans de nombreuses sociétés humaines, les marques corporelles étaient associées à des rites de passages tribaux à différents moments de l’existence ou bien étaient liées à des significations sociales précises. Le tatouage a une valeur identitaire qui relie l’homme et sa chair à un système social au monde qui l’entoure. Au sein de certaines sociétés, il précise les statuts religieux ou sociaux. La lecture peut aussi y renseigner sur un clan ou une classe d’âge dans la communauté et la place de l’individu qui les porte. Il indique le statut et on ne peut s’intégrer au groupe sans posséder ces signes gravés dans la chair. Ne pas être marqué c’est ne pas avoir d’identité, ne pas exister au sein du groupe. Dans les études ethnologiques, Neufs fonctions ont pu être dégagées de l’utilisation du tatouage : symbole de la survivance dans l’au-delà, signe d’une origine divine, référence au totem, symbole lié à une étape majeure (puberté, mariage, fertilité…), appartenance à un clan, une tribu, signe du rang social, nombre d’ennemis tués, deuil, amulette de protection. La plupart du temps ces symboles ont une valeur sociale et d’insertion dans le groupe. Par exemple, à Samoa, un garçon qui n’est pas tatoué était considéré comme mineur et ne pouvait pas se marie ou prendre la parole en société. Lévi-Strauss écrit des Caduevos du Brésil qu’ »il fallait être peint pour être un homme, celui qui restait à l’état de nature ne se distinguait pas de la brute ». Ici l’homme sort de son animalité par une appropriation de son corps par le biais du tatouage, c’est un peu comme si la marque permettait de prendre conscience de soi et de son humanité propre. Dans ces sociétés, la marque fait symboliquement accéder l’homme à la culture. Dans nos sociétés occidentales contemporaines, font du tatouage un recours possible d’entrée et d’affiliation au groupe. Dans les années soixante en Californie, des adolescents d’origine mexicaine, les Pacuchos, usent du tatouage comme d’une modalité de l’appartenance à un groupe. La croix entourée d’étoiles inscrite entre le pouce et l’index n’est acquise qu’au terme d’épreuves personnelles infligées aux nouveaux entrants. Le tatouage est ainsi effectué, signant définitivement l’entrée du candidat dans la bande. Le jeune est alors craint grâce à une alliance avec la bande qui le protège des autres jeunes de la ville. Effet pervers de cette pratique ; lorsque ces jeunes décident de cambrioler un magasin et que l’un d’eux se fait prendre il est alors facile pour la police de remonter jusqu’à la bande.

C’est aussi pour rejoindre un groupe que Laure se bricolait toute seule des tatouages rudimentaires pendant l’adolescence « J’avais 13 ou 14 ans et je traînais avec une bande d’amis tous plus âgés que moi, ils étaient tous passés chez des tatoueurs ou alors ils se tatouaient eux-mêmes. Je leur ai demandé comment ils avaient fait. Ils m’ont expliqué que ça se faisait avec une aiguille et de l’encre de chine, alors j’ai commencé à m’en faire avec une aiguille à coudre. C’est très long, très douloureux et ça donne un résultat dégueulasse. ( Laure, tatoueuse, 21 ans) (Le Breton 2002). Les tatouages faits par soi-même sont souvent des revendications identitaires provenant de l’entrée dans un groupe ou de la volonté de se prouver quelque chose. L’intention de s’affirmer est souvent doublée par la volonté de montrer son tatouage afin de s’afficher comme un « dur ». Le propos revient souvent même chez les filles, le tatouage semblant porter une aura de danger incitant aussi les autres à se mettre à distance. Ainsi il peut agir comme une protection, une thérapie et un moyen de se reconstruire. Une analogie s’impose entre les rites de passage dans les sociétés traditionnelles et les épreuves que les jeunes s’imposent à travers des jeux symboliques avec le corps. Pourtant on note une différence d’importance, les aînés n’y participent pas et ils ne sont en rien un moment de transmission de la culture. Les modifications corporelles de nos jours sont individualisantes, elles signent un rejet singulier et se porte comme une affirmation de l’individualité. ( Le Breton 1990). Le corps de la personne n’appartient plus qu’à elle-même.

Dans nos sociétés modernes les marques sont devenues une fin en soi, une décision personnelle qui n’influe en rien sur le statut social de la personne. C’est parce que les sociétés modernes sont individualistes et affirment le corps comme propriété personnelle qu’une telle marge de manœuvre qu’implique la transformation physique est possible. Le corps aujourd’hui est un facteur d’individuation, en le modifiant on le plie à sa propre volonté, au désir de modifier son rapport au monde qui nous entoure. D’où la prolifération d’interventions diverses sur le corps telles que le tatouage ou la chirurgie esthétique qui sont autant de signes de la liberté de chacun. L’intégration à un groupe peut se faire avec la marque corporelle mais on se retrouve plus souvent inséré dans un groupe après avoir effectuer des modifications sur son corps plutôt que les modifications soient un moyen d’obtenir l’interaction. Le recours au tatouage est donc un rite de passage pour qui attache une signification personnelle et essentielle à la marque qu’il possède. Le corps peut devenir l’intermédiaire d’un passage vers un autre monde, un autre cadre social, un autre soi que l’on aurait inventé à travers sa propre construction de sa personnalité. Le tatouage porté modifie en partie le regard des personnes sur elles-mêmes et leur état d’esprit. De nombreux témoignages le confirment : « Je me sens plus sur de moi. J’ai aussi l’impression d’être moins timide. J’ai plus de courage. Je ne sais pas pourquoi. Peut-être qu’intimement j’accepte l’idée que le tatouage est réservé aux gens forts et résistants. » (Alex, 26 ans, infographiste.) . « Je suis devenue moins timide qu’avant. J’ai l’impression d’être mieux dans ma peau. (…) Je suis devenue quelqu’un d’intéressant. »( 19 ans, étudiante). Les modifications corporelles sont souvent un détour pour une mise au monde, les tatoués prennent de l’assurance. L’épreuve de la marque donne une mémoire concrète à un sentiment, celui d’accéder à une nouvelle version de soi, de s’être auto engendré. Pour nombres d jeunes, le tatouage est une manière de se singulariser, de signer sa présence au monde. Et cette signature est durable puisque la marque ne change pas, elle est toujours avec soi comme un symbole permanent de stabilité. Elle est une volonté de se choisir soi même sans plus rien laisser au hasard. Elle « croise en ce sens la rencontre de l’autobiographie et d’un phénomène social » (Le Breton 2002).

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