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Un tatouage (ou tatoo) est un dessin à l’encre ou quelque autre pigment, habituellement décoratif ou symbolique, indélébile, sous la peau. C’est un type de modification corporelle.

De nouveaux rapports entre les tatoués et la société

Le monde d’aujourd’hui a perdu les anciennes valeurs qui encadraient la société (sécularisation, engagement politique….). Dans ce contexte de perte de sens, les individus doivent tracer eux même leurs limites dans le monde qui les entoure. Et ainsi ils doivent se créer un sens à leur existence, une manière de trouver par soi même. Même si les différentes personnalités sont aussi construites par l’influence de la société qui les entoure, les hommes ont de plus en plus l’impression de décider de ce qu’ils peuvent être. Doit-on penser le tatouage comme une façon de s’éloigner des normes ou bien de s’insérer dans la société par la quête de l’identité propre ?

On l’a vu, au cours de l’histoire le tatouage à été stigmatisé à cause de l’origine de ceux qui le portaient, des marginaux, des isolés… Pourtant à partir des années 1960 des groupes sociaux ont inversé le mouvement pour faire du tatouage une façon de se mettre soit même à l’écart. En effet comme on l’a vu précédemment avec les prisonniers et les criminels il arrive que les individus reprennent un élément qui les stigmatise afin de décider eux même de leur mise à l’écart. Dans certains groupes en effet le tatouage et d’autres marques corporelles est utilisé afin de se mettre non seulement à l‘écart mais de provoquer les autres par le visuel qu’ils rendent dans la rue ou les espaces publics. Ce besoin de se faire remarquer ou bien de vouloir montrer son appartenance à un groupe assez fermé est né avec l’arrivée de groupes comme les cultures marginales identifiables à leu apparence. On trouve ainsi les Teddy boys ( blousons noirs)ou les Mods (abréviation de modern people) en Grande Bretagne.

Et les bikers, les Hell’s Angel notamment soulignent leur appartenance au groupe par un assortiment de vêtements en cuir et de bijoux spécifiques ainsi que d’une panoplie de tatouages souvent impressionnante. Les tatouages saturent les bras et la poitrine et sont mis en évidence par le code vestimentaire. Ils ont une valeur ostentatoire qui rend immédiate l’identification d’un individu au groupe revendiqué et affirment une volonté forte de se détacher des autres groupes qui forment la société. C’est l’un des rares exemples ou la notion de « tribu » peut être employée. Pour eux la peau est un symbole de leur marginalité, il n’y a pas de volonté esthétique, seulement l’affichage de la rupture volontaire avec la société. Ici le tatouage est une marque de marginalité volontaire par rapport au déni d’un type de société.

Jusque dans les années 1980 ce sont les milieux populaires qui sont le plus attachés au tatouage. Mais dans les années 1970, les groupes punks ou skinhead vont se réapproprier la symbolique du tatouage agressive fondée sur la mauvaise réputation de cette marque corporelle. Ils vont utiliser ce signe négatif comme une façon de se différencier de la société qu’ils rejettent. Ce sont les premiers à imposer de manière ostensible dans l’espace public des tatouages et piercings provoquant qui visent à montrer au monde leur présence. Les skinheads se caractérisent par les valeurs qu’ils portent, chauvinisme, racisme, agressivité…mais aussi par leur apparence physique, ils font tout pour apparaître comme sales et inquiétants. Leur crâne rasé est volontiers tatoué de dessins agressifs, et tout leur corps démontre une haine et diverses revendications confuses mais très présentes.

Si ce groupe impressionne déjà par l’image qu’il donne grâce aux marques corporelles, les punks vont encore plus loin. Dans le milieu des années 70 les punks afin de se démarquer des conventions sociales d’apparence physique et vestimentaire vont commencer à se transpercer le corps d’objets multiples, se brûler, se tatouer ou encore exhiber des scarifications nombreuses. Encore moins esthétiques que les signes d’affiliation quasi-tribaux des Hell’s Angel, les motivations des punks sont souvent de simples provocations en plus d’un rejet certain de la société dans laquelle ils vivent.

Le corps se transforme alors en un lieu de revendication, une surface de projection d’un refus de plus en plus radical de l’existence. Le corps en tant que lien social symbolique est méprisé, il n’existe plus que dans le déni de la communication et d’une quelconque ressemblance avec les autres. Et lorsque l’individu bloque volontairement son affiliation à la société par son corps, il interdit à tous de tenter de lui parler car l’image donnée de son propre corps aux autres est devenu impossible à reconnaître pour le reste de la société.

Ainsi les punks avaient trouvé le moyen de se fermer de la société sans pour autant réellement créer un groupe ou une communauté dans laquelle se reconnaître.

La représentation de soi dans la vie sociale, l’apparence corporelle est totalement dénigrée et dans ce mouvement le tatouage devient un étendard à porter sur soi de la haine de la société et de ceux qui la respectent. Toutes les marques corporelles arborées par les punks portent ce type de connotations antisociales que ce soit les vêtements, l’hygiène peu respectée ou les paroles des chansons des groupes représentant les jeunes gens de l’époque. No future. Quel que soit le moyen tout peut devenir porteur des valeurs punks, du nihilisme, bijoux coiffures etc.. Alors il est évident que e tatouage est une marque rêvée pour recréer le discours punk. On retrouve sur son propre corps les slogans du mouvement tels que Destroy, Hate, No future… Et les tatouages scripturaux sont couramment placés là où on les voit le mieux, bras, crâne etc. Le tatouage s’inscrit à la fois comme un acte public et privé, provoquant des réactions d’hostilité ou d’engouement. Touchant à l’apparence, il retentit sur le lien social, et peut entraîner des préjugés en provoquant le rejet ou l’admiration… il est donc à double tranchant, et est reconnu comme tel. Il est donc très facile pour qui veut se rendre inaccessible de recourir à des marques corporelles comme le tatouage car il est visible, ne pose pas de limite à l’imagination et aux valeurs que l’on veut porter sur le corps que ce soit symbolique ou scriptural.

Même si le tatouage est aujourd’hui relativement bien intégré dans la société, nombre de gens aiment entretenir la légende maudite du rejet et du mépris dans un discours qui se retrouve alors en contradiction radicale avec les faits réels. Depuis une dizaine d’années au moins, les studios et les conventions fleurissent, et les jeunes générations se sont appropriées les marques corporelles comme un élément essentiel de leur culture. Mais une sorte de nostalgie inconsciente se fait parfois jour pour cette histoire ancienne qui représentait le tatouage comme une forme de marginalité.

Les tatoués ont tous en commun une conscience marquée de fragiliser leur position particulièrement s’ils affichent leurs tatouages dans le cadre de leur vie professionnelle. L’appréhension d’un entretien d’embauche ou d’une discrimination éventuelle est vécue par la majorité d’entre eux.

Le code du travail prévoit les discriminations suivantes :
“Aucune personne ne peut être écartée d’une procédure de recrutement ou de l’accès à un stage ou à une période de formation en entreprise, aucun salarié ne peut être sanctionné, licencié ou faire l’objet d’une mesure discriminatoire, directe ou indirecte, notamment en matière de rémunération, de formation, de reclassement, d’affectation, de qualification, de classification, de promotion professionnelle, de mutation ou de renouvellement de contrat en raison de son origine, de son sexe, de ses mœurs, de son orientation sexuelle, de son âge, de sa situation de famille, de ses caractéristiques génétiques, de son appartenance ou de sa non-appartenance, vraie ou supposée, à une ethnie, une nation ou une race, de ses opinions politiques, de ses activités syndicales ou mutualistes, de ses convictions religieuses, de son apparence physique, de son patronyme ou, sauf inaptitude constatée par le médecin du travail dans le cadre du titre IV du livre II du présent code, en raison de son état de santé » (La notion d’“apparence physique” a été insérée dans le Code du travail par la Loi n°2001-1066 du 16/11/2001 relative à la lutte contre les discriminations.)

Certains employés des fonctions publiques, impliquant des fonctionnaires comme la police par exemple ne doivent pas posséder de tatouages afin d’accéder à ces métiers. On peut noter pourtant que des avocats ou des hommes politiques font parfois partie des tatoués. Il s’ensuit alors des situations parfois cocasses comme l’exemple que donne Edmond Locart en citant une anecdote qui date de 1932 citée dans son Traité de criminalistique :
“En Guyane une douzaine de personnes, suspectées d’être des forçats évadés du bagne, est présentée au tribunal. Le président penche pour une relaxe des cas douteux. Ce n’est pas l’avis de l’agent français qui souhaite que tous les hommes soient condamnés. “D’ailleurs, dit-il au président, le seul fait que ces hommes soient tatoués prouve leur origine pénale.”.
“Vous y allez un peu fort, monsieur”, réplique outré le président qui relève alors une de ses manches arborant un large dessin. “Moi aussi, je suis tatoué, et pourtant je ne viens pas de Cayenne.” Et il libère les prévenus. Cette histoire ancienne qui montre bien ce qui a été démontré au début de ce travail, la discrimination des tatoués au début du XXème siècle est aussi une preuve que depuis l’arrivée du tatouage en Europe on retrouve toujours une minorité de personnes issues de milieux comme l’aristocratie, les classes moyennes ou la bourgeoisie qui se faisaient marquer la peau pour de multiples raisons. Or ces tatouages étaient déjà sources de marginalisation dans l’esprit des gens et on soupçonnait facilement les individus qui étaient tatoués de pratiques « peu claires » dés lors que l’on apercevait l’une de ces marques, quelle que sot la situation sociale de la personne visée et sa réputation initiale.

Toute zone publique de la peau est alors amenée à être scruté par tous. De nombreuses personnes préfèrent effectuer leurs tatouages dans des endroits discrets afin qu’ils puissent ne les montrer qu’à ceux à qui ils veulent les montrer. Il devient socialement bien plus difficile d’appréhender les contacts avec autrui ne serait-ce que dans le milieu du travail car ceux qui se font tatouer ont conscience du caractère discriminatoire que peut revêtir leur tatouage.

De manière presque systématique revient la nécessité de pouvoir cacher ou non son tatouage selon les circonstances. Le tatouage fait « intelligemment » est considéré pour certains comme celui dont on ‘est pas tributaire et qui n’oblige pas à de nombreux sacrifices pour éviter qu’il se voit. Avant un entretien d’embauche, des contacts avec un client ou des démarches administratives, les tatouages sont soigneusement recouverts de vêtements adéquats. Les tatouages sont importants qui peuvent montrer le caractère ambigu des marques corporelles et la conscience de ceux qui les portent de fragiliser leur position s’ils les montrent dans certains lieux. « J’essaie de ne pas trop montrer mon tatouage à mes collègues de travail, car je sais que cela pourrait choquer certaines personnes, j’évite donc de l’exposer, ça évite les commérages, surtout entre femmes. Dans la vente il y a peu de gens tolérants envers ce genre de choses » (Marie, manutentionnaire, 27 ans) (source des témoignages, « Signes d’identité »). « Sur le bras tu peux moins le cacher, pour un boulot par exemple. Le dos c’est un bon compromis. C’est discret, tu peux le cacher ».(Guillaume, étudiant, s’est fait tatouer le logo de Métallica sur le dos).

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