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Un tatouage (ou tatoo) est un dessin à l’encre ou quelque autre pigment, habituellement décoratif ou symbolique, indélébile, sous la peau. C’est un type de modification corporelle.

Rejoindre les autres dans une société en pleine mutation

Certes les modifications corporelles se rattachent parfois à une mise à distance du reste de la société. Pourtant elles entraînent deux mouvements parallèles, le détachement mais aussi l’affiliation à autre chose. Les tatouages s’inscrivent alors comme attributs d’un style plus large marquant l’adhésion à une communauté urbaine particulière. Le corps fonctionne alors comme une bannière affichant ses valeurs, ses préférences sexuelles, culturelles etc. Mais cette revendication se rattache aussi à un cadre flou car il n’y a aucune organisation dont on se réfère à l’aide de tatouages, quelle soit politique ou culturelle, du moins dans les sociétés modernes. On se trouve dans le contraire des tribus mais dans le cas d’une revendication personnelle plus ou moins reconnue par les autres. Même si de petits groupes se font tatouer pour sceller un lien commun comme l’appartenance à un groupe de musique ou une amitié forte : « Avec des copains, on avait décidé de se faire tatouer un petit signe pour le groupe. C’était pour la frime, je dirais. C’était aussi pour se faire une image de, pour qu’on se souvienne de nous. (…) » (Dédé, barman et musicien, 33 ans). Mais ce type d’affiliation est rare. Le tatouage ne marque absolument pas de signe d’appartenance à une tribu, un group fermé mais plutôt à un groupe informel qui se reconnaît quand ses membres se rencontrent et s’aperçoivent qu’ils portent chacun un tatouage. « Personnellement, je trouve que le tatouage t’ouvre un autre univers, il y a plus de solidarités entre tatoués, plus de relations, c’est un monde à part » (Yann, 20 ans, étudiant), « Entre tatoués il y a une sorte de complicité que je ne soupçonnais pas. Quand je croise quelqu’un de tatouée on discute de la taille, de la couleur, de la figure, du tatoueur, de la manière dont ça s’est passé. » ( Audrey, 23 ans, étudiante).La notion de tribu n’est pas utilisée. Il s’agit moins d’entrer dans un groupe que d’en sortir, de se sentir transfiguré par la marque. Les bikers, dont les marques corporelles sont nettement plus homogénéisées et construites autour de la même passion pour les Harley Davidson , sont sans doute le seul exemple réel de groupe apparenté à la notion tribale. Une jeune américaine, citée par C.Sanders confirme : « Je me suis fait tatouer parce que j’y avais un intérêt. Mon mari et nos amis sont presque tous des bikers. Cela m’a permis d’être mieux acceptée par la communauté (…) le biker typique vous dirait que vous avez presque tous des tatouages quand vous êtes de la bande.» On voit bien ici le parallèle avec les traditions des sociétés primitives dans lesquelles la place dans le groupe et le respect passait souvent par les marques inscrites dans la chair des individus. Dans ces circonstances, la marque corporelle est une condition d’appartenance au sein d’une communauté fermée sur elle-même. Mais dans leur immense majorité les tatoués ne se regroupent pas et ne se revendiquent pas comme une communauté. Leur geste, ils le considèrent comme personnelle au même titre que leur mémoire. Ils sont isolés ou à quelques-uns et entendent seulement traduire par la marque sur leur peau le goût pour un style de musique, une référence religieuse ou culturelle etc. Mais ils le font sans se sentir engagés dans une mode ou dans un univers à part entière. Alors on peut se demander si le rôle social du tatouage n’est pas un simple parallèle avec le renversement des valeurs tel que nous le connaissons de nos jours. En effet ce phénomène ne pousse pas les populations vers le communautarisme et il ne s’inscrit pas tout à fait dans la norme de la société moderne dans sa globalité même s’il est relativement bien accepté. Alors permet-il aux personnes concernées de s’insérer plus facilement dans la société ? On peut présumer que oui, si l’on remonte dans les définitions de nos sociétés modernes. En effet la société actuelle a évolué avec la montée des valeurs libérales portées par le capitalisme vers un nouvel élan individuel. Chaque individu de nos sociétés modernes à subitement reçu une grande part d’autonomie. C’est alors à chacun de se prendre en main à l’heure ou les anciennes institutions porteuses de valeurs sont en crises.

La religion, l’école, l’Etat lui-même perdent de leur influence sur les individus et la marge de liberté dégagée a dégagé une nouvelle problématique de la modernité. Comment les individus se créent-ils leur identité sans l’aide de ces anciens cadres ? Comment se construire dans un cadre social beaucoup plus souples et qui donne énormément de liberté à tous dés leur plus jeune âge ?

La marque corporelle joue ainsi comme d’autres éléments qui paraissent pourtant lointains ; le communautarisme, le bricolage religieux ou encore la conduite à risques pour ne citer qu’un nombre restreint d’exemples, le rôle de limite posée par l’individu à lui-même,

que ce soit à travers sa spiritualité ou son corps, c’est la reconstruction ‘une identité choisie volontairement et qui pose des limites qui attire aujourd’hui les individus. La quête de sens de leur vie est un terrain immense de mélange des cultures et des pratiques afin que chacun se crée et renouvelle sa propre bulle identitaire. Prospérant sur le désarroi et l’individualisme, la soif d’identité annonce des remises en question. On retrouve chez tous cet élément commun d’une volonté d’exposer publiquement sa différence, la quête affolée de soi dans le regard des autres, la fierté d’être à nul autre pareil et l’espoir insensé d’affirmer qu’on s’est trouvé, le désir éperdu d’ «exister jusqu’à l’incandescence», selon la belle expression du sociologue David Le Breton. On est sommé de s’inventer soi-même, comme le raconte le sociologue Jean-Claude Kaufmann dans une imposante somme, chatoyante, publiée ces jours-ci chez Armand Colin: « L’Invention de soi, une théorie de l’identité. ». Jamais, en tout cas dans les démocraties occidentales, les routes de la vie n’ont été si multiples et dégagées, jamais les marges de manœuvre n’ont paru si larges, jamais les libertés individuelles n’ont fait l’objet d’un culte si vif. Dupin et Kaufmann partent du même constat: jamais on n’a autant parlé d’identité. . Pour exister aujourd’hui, explique ce dernier nous disposons du choix des armes. Nous subissons de moins en moins les déterminismes familiaux et sociaux qui, hier, nous entravaient. Pour se «fabriquer» soi-même, il nous faut «fermer» ce champ des possibles: l’identité individuelle qu’on se construit résultera du tri opéré entre des images, des désirs, des projets, des conjoints, des idées. On va choisir qui on veut être. Et ce ne sera pas facile, prévient-il. «Chacun devient officiellement responsable de ses succès et de ses échecs, écrit-il. L’invention de soi, perspective irrépressible et fascinante de responsabilité et de liberté (qui accepterait de revenir à l’ancienne société du destin?), ouvre parallèlement sur un horizon de désarroi, d’implosions individuelles et d’explosions collectives.». Donc, pour découvrir à quoi on ressemble, on va piocher dans le «festival des régionalismes», le menu à la carte des nouvelles religions, le marquage commercial, le corporatisme des métiers ou des élites ou la «fierté ethnique». Jean-Claude Kaufmann ne croit pas que l’obsession identitaire soit issue d’un effondrement des grandes institutions, croyances et utopies, qui auraient soudain laissé le champ libre à l’incertitude individuelle. Il affirme au contraire que c’est la montée de l’individualisme qui a sapé ces grandes forteresses de l’ordre social et culturel. Plus personne n’accepte de se laisser dicter sa vie, prétend-il. L’identité, désormais, est une création personnelle même si, Kaufmann l’admet volontiers, on obéit toujours à des courants sourds et à des normes obscures. De cette manière le tatouage devient un élément comme un autre, que l’on peut choisir par simple affinité avec le contenu légendaire ou esthétique de revendiquer sa propre personnalité. La société ne demande plus au individus de se conformer à des modèles qu’elles présenteraient, elle offre aujourd’hui le choix absolu de la construction du sens de la vie des habitants des sociétés modernes. Si les normes se modifient c’est pour laisser plus de liberté encore aux individus. Le tatouage n’a plus de sens propre, on lui en donne un, il a perdu tout le sens social global offert par les sociétés primitives et devient, à travers l’axe de la recherche d’identité un symbole personnel qui ne rapproche même plus les tatoués comme les marginaux des années 30 à 70 en groupes de revendications contre la société mais en personnalité distincte revendiquant leurs propres existences dans le monde moderne.

Conclusion : L’identité à fleur de peau

Les modifications corporelles ont un avenir certain dans les sociétés modernes. En effet, l’engouement qu’elles suscitent n’est que le début, leur existence est en cour de normalisation et les données sociologiques qui les favorisent comme l’individualisme moderne ne cessent d’élargir le public touché par le phénomène. Le souci de se distinguer toujours d’avantage des autres va amener forcément à des diversifications quelles soient dans les techniques ou dans les motifs choisis. En ce qui concerne les techniques la mode est aux innovations dans le tatouage avec la création on peut noter de nombreuses nouveautés : encore méconnue, l’invention a été brevetée il y a moins d’un an. Il s’agit d’un tatouage programmable. Se lasser du dessin tatoué était le plus gros problème : le voici réglé. Le concept a été mis au point par une équipe de chercheurs californiens. Il consiste à insérer un mince écran à cristaux liquides sous la peau du poignet. Le dessin affiché est visible à travers la peau et on peut le transformer grâce à une puce également implantée sous l’épiderme. On peut recharger la pile simplement en plaçant le poignet devant un chargeur. En plus des images, le tatouage électronique permet d’afficher sa température et sa pression sanguine grâce à des senseurs incorporés. Ce genre de nouveautés techniques et le développement artistiques du tatouage et donc de différents styles va assurer la pérennité de la pratique dans un monde ou chacun a la volonté de se distinguer des autres afin d’affirmer son identité propre. D’autres méthodes plus traditionnelles renvoient par leur utilisation à une définition passéiste de l’identité ; le tatouage au henné qui commence à prendre de l’ampleur en Europe mais aussi au Brésil où depuis peu il est proposé dans les boutiques ou parfois même en kits d’utilisation. Tous les corps contiennent la possibilité de devenir une innombrable foule d’autres identités par la marque tégumentaire ou d’autres modifications corporelles se développant. Il n’y a qu’à choisir une de ces identités et l’arborer à même la peau afin d’avoir l’impression de posséder son propre corps, de l’avoir créer et de l’avoir rendu unique. Dans cette trame individualiste, l’effacement de l’autre amène à concevoir son propre corps comme un autre soi même au lieu d’une représentation symbolique de soi. Le corps devient un partenaire multiple et malléable, transformable à souhait.

Aujourd’hui l’identité personnelle n’est jamais achevée, elle se remodèle constamment selon les circonstances (même si une base demeure). En cherchant son corps on cherche à changer son existence. La modification corporelle est une limite symbolique dessinée sur la peau, elle fixe aussi une limite dans la construction de soi et la recherche d’identité. Et tout autant que la construction de la personnalité des individus est sans fin, celle des façons d’individualiser et de construire ces mêmes identités l’est aussi. On peut ainsi prédire un avenir long au tatouage porteur de symbole dans nos sociétés modernes.

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