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L’histoire du tatouage (tatoo) est très difficile à retracer, car même s’il s’agit d’une pratique ancestrale, on ne peut pas encore la situer avec exactitude dans le temps.

Pénétration de l’occulte: Historique des tatouages, risques physiologiques, psychologiques et spirituels

Histoire du tatouage
Antiquité du tatouage
Le tatouage remonte à peu près à 2000 ans avant Jésus-Christ. Cette pratique était familière aux musiciennes et aux danseuses du Moyen Empire égyptien, comme le prouvent certaines momies que l’on a retrouvées. Les Mayas, en Amérique du Sud pré-colombienne, les Indiens d’Amérique aussi (certaines tribus) connaissaient le tatouage. Les Grecs et les Romains, pour leur part, en furent de grands utilisateurs: ils se servaient des tatouages pour marquer leurs esclaves, ce qui leur permettait de les identifier en cas de fuite. Les esclavagistes d’Afrique, d’Amérique et de l’Orient y eurent également recours.

Universalité du tatouage
Le tatouage a donc été utilisé pratiquement en tous lieux et à toutes les époques, mais souvent dans des couches sociales bien délimitées: marins, galériens, bagnards, esclaves, prisonniers, pirates, corsaires et bourgeois, et même nobles à certaines époques.
Le tatouage n’est pas toujours volontaire: les esclaves de l’Antiquité ou, beaucoup plus près de nous, les déportés des camps de concentration nazis, étaient tatoués par leurs maîtres ou par leurs geôliers, pour bien signifier le fait que ces personnes ne s’appartenaient plus à elles-mêmes.

On trouve des tatouages ornementaux, magiques ou religieux, au Japon chez les samouraïs et la mafia, en Birmanie, en Afrique du Nord, entre autres chez les tribus berbères. Il en existe aussi qui indiquent une appartenance familiale ou tribale, ou le fait qu’un pacte a été conclu: adhésion à une société secrète, lien avec une puissance spirituelle (démon, divinité païenne); par exemple, l’étoile à cinq pointes sur les pommettes de la figure signifie : « Je suis Dieu et je guéris par la force de Satan ». Les tatouages faits à la main
Distinguons ceux faits par les amateurs, qui dessinent tant bien que mal. Leurs oeuvres sont souvent caricaturales et grotesques. Les personnes qui les arborent sont des révoltés en proie à des problèmes familiaux. Ils se sentent mal dans leur peau et ont un niveau minimal d’instruction et de culture. Nous voyons de tels tatouages chez de jeunes délinquants qui manifestent qu’ils sont « des durs ». Ils gravent en quelque sorte sur leur peau toutes les révoltes, leur haine, tous les sentiments d’injustice et les désirs de vengeance qu’ils éprouvent. A ces dessins faits, et parfois bien faits, ils ajoutent des devises, des slogans ou des points de reconnaissance que seuls des initiés sont à même de comprendre. Ces tatouages sont réalisés à la main avec du mauvais matériel par des dessinateurs souvent sans talent.

Il existe aussi des tatoueurs professionnels, de véritables artistes qui travaillent eux aussi à la main. Leurs réalisations rivalisent avec celles des tatoueurs qui utilisent une machine. J’en ai personnellement rencontré par le passé, et j’ai vécu à leurs côtés.Les tatouages faits à la machine
Les tatoueurs professionnels travaillent fréquemment à la machine. Ils font de cet art leur gagne-pain. La palette des couleurs est variée et les sujets nombreux : paysages, tableaux célèbres, dragons, fleurs, femmes, portrait ou buste, effigies démoniaques, têtes du diable, violence, érotisme et pornographie.
Aujourd’hui, vous trouverez des tatouages aussi bien chez des ouvriers, des bourgeois, des nobles, des policiers que chez des membres de la pègre. Pour ces derniers, le tatouage pourra servir de signe de ralliement. II est évident que le tatouage n’est pas une marque de violence.

Les aspects spirituels des tatouages
Approche biblique du tatouage
« Vous ne ferez point d’incision dans votre chair pour un mort, et vous n’imprimerez point de figures sur vous. Je suis l’Eternel. »
Lévitique 19, verset 28
Cette interdiction de l’Eternel a pour objectif de garder Israël dans la sainteté. En effet, Dieu ne veut pas que son peuple s’égare comme les autres peuples. DIEU EST SAINT. II veut garder son peuple dans la propreté du corps de l’esprit et de l’âme, afin que celui-ci puisse demeurer en communion avec lui et goûter sans cesse à son amour.

Si Dieu ne veut pas que son peuple se prostitue aux idoles et aux pratiques du paganisme, c’est pour le préserver des malheurs que subissent les autres peuples. Dieu ne veut pas que son peuple tombe sous le pouvoir des puissances gouvernées par le prince des ténèbres : Satan.
Portée spirituelle des tatouages
Sur le plan spirituel, il faut savoir que le tatouage nous lie souvent aux puissances des ténèbres ! On ne grave pas impunément sur le corps des figures de démons, des signes magiques, cabalistiques ou ésotériques, des dragons, des têtes de mort, des serpents, des chaînes, des liens. On ne joue pas impunément avec de tels signes.

Si, parfois, ils ont une apparence chrétienne (croix, calvaire), ils demeurent sous le coup de l’interdit de Lévitique 19/28. Par ces tatouages, nous faisons consciemment ou inconsciemment appel à la manifestation de forces occultes qui nous enchaînent jusque dans notre âme et dans notre esprit.
Soulignons encore un point : on croit parfois qu’après un ou deux petits tatouages, on pourra s’arrêter quand on le voudra, et en rester là. En fait, une voix en nous ne cesse de nous pousser à continuer. On devient totalement dépendants des puissances qui ont pris pouvoir sur nous< Les risques associés aux tatouages
Les risques physiologiques

Chaque tatouage introduit des substances étrangères dans notre corps: encre de Chine, matières plastiques brûlées mélangées à du savon. Il faut aussi savoir que chaque tatouage tue une partie de la peau. En outre, le tatouage, en endommageant la peau, constitue une porte d’entrée de premier choix pour les agents infectieux. Le risque réside principalement en la contamination par des virus tels que le HIV, et les virus de l’hépatite B et C. Sans avoir été clairement démontré, ce risque existe en théorie. Tout le matériel (aiguilles, buses, etc.) utilisé par des professionnels est susceptible d’être souillé par du sang contaminé; le danger d’infecter non seulement le client suivant, mais aussi le tatoueur est donc bien réel. Ainsi, le manque d’hygiène souvent lié à ces pratiques nous fait courir des risques dont nous sommes inconscients: des infections pouvant entraîner des complications, voire même la gangrène qui peut s’en mêler et tout se termine parfois par une amputation. Cette automutilation et la souffrance qui l’accompagne est acceptée parce qu’on veut prouver sa virilité, son courage. Quand je me tatouais ou que je tatouais d’autres personnes, je répétais: » Il faut souffrir pour être beau »; ou « Sois un homme et tais-toi » ou encore : »Celui qui se dégonfle n’a rien dans le ventre. »
Que ne ferait-on pas pour acquérir la réputation d’un dur à cuire. Mais ne l’oubliez pas: la mort des tissus amène tout autre chose que la vie: à vous de choisir !

Risques psychologiques
Les tatouages évoquant la rébellion ou la révolte renforcent nos tendances dans ce domaine, au point que nous finissons par nous identifier à elles. Cela est également vrai pour ceux qui expriment la haine et la vengeance. Quant à ceux qui touchent à l’occultisme, ils contribuent à nous emprisonner dans un monde spirituel contraire à celui dans lequel Dieu veut nous voir évoluer.

Premier exemple: Je porte sur l’omoplate droite un tatouage qui représente un fer à cheval avec l’inscription « vendredi 13 ». Ainsi, je voulais autrefois me protéger de la mauvaise influence que la superstition attribue au chiffre 13 et au vendredi 13. Ce tatouage inscrit, j’ai plongé à fond dans d’autres superstitions. Il ne fallait pas passer sous une échelle, voir un chat noir, etc. Mes pensées étaient bloquées par toutes sortes de superstitions; je n’arrivais pas à penser autrement. En peu de temps, j’étais devenu paranoïaque. J’avais peur de tout et de tous. Je me sentais espionné même par des inconnus; c’était devenu l’enfer sur terre !
Deuxième exemple: J’ai, sur l’avant-bras gauche, une fleur. Je l’ai appelée « pensée à ma mère ». Malheureusement j’ai raté ce tatouage. Sous l’influence de l’alcool, j’ai recouvert cette première fleur par une autre. Dans l’entrelas du dessin, involontairement j’ai dessiné un lion.

Celui-ci me faisait flipper jusqu’à devenir fou. Je le voyais ouvrir et fermer sa gueule comme s’il voulait me croquer; cela m’arrivait à chaque fois que je consommais de la drogue.
Ces exemples vécus m’amènent à dire qu’un tatouage peut conduire à la folie. J’essayais de dissimuler ce qui se passait en moi, mais les mêmes pensées m’envahissaient sans cesse et elles jouaient sur le contour de ces dessins. Je n’avais sur moi aucun tatouage représentant le diable ou un démon. Pourtant, mes amis me voyaient changer au fur et à mesure que j’en ajoutais. Les tatouages relativement innocents, en apparence, que je portais sur moi me liaient déjà à des forces que je ne pouvais pas contrôler.

Une restauration est possible
Affranchissement des liens du passé
« Demandez, et l’on vous donnera; cherchez, et vous trouverez; frappez, et l’on vous ouvrira, car quiconque demande reçoit, celui qui cherche trouve, et I’on ouvre à celui qui frappe.  »
Matthieu 7, versets 7 et 8
Si dans nos coeurs nous sommes prêts à changer de vie et d’état d’esprit, Dieu lui-même nous conduira à une vie meilleure. Soulignons-le, il ne suffit pas d’être sincère, il faut chercher Dieu de tout son coeur, lui demander qu’il se révèle. Ensuite il faut le croire et le suivre, dans l’obéissance et la pratique d’une vie saine.
Dieu n’a jamais fermé la porte de la vie à celui qui est droit de coeur. Bien plus, il nous a donné la possibilité changer, au travers de Jésus-Christ. Alors ne perdons pas patience, car Dieu veille sur son peuple. Il mettra tout oeuvre pour nous aider, dès que nous aurons décidé de suivre cette nouvelle voie.
Dieu guérira les conséquences de nos péchés que ce soit la paranoïa, la folie, les cauchemars ou le sentiment d’être mal dans sa peau! Il nous délivrera de la culpabilité et de la honte de porter sur notre corps des choses moches ou ratées.

Une nouvelle façon d’aborder la vie
Si comme moi, tu es tatoué, Dieu guérira ton être intérieur. Parfois même, il ira jusqu’à effacer des dessins son existence ou son autorité.,
J’ai par exemple entendu, en France, un serviteur de Dieu (pasteur) raconter le miracle suivant : un homme violent tatoué sur une grande partie de son corps, demande le baptême d’eau pour confirmer qu’il avait changé de vie. Après son immersion, alors qu’il se changeait, il revint en courant dans l’église torse nu. Toutes les personnes présentes virent de leurs yeux que le grand tatouage représentant une tête de bouc avait disparu.
Peut-être devras-tu aussi, comme moi, consulter un dermatologue pour enlever certains de tes tatouages. Ce sera là une preuve du changement qui s’est opéré en toi.
Mais sache aussi que, même avec les marques que tu continues à porter, Dieu peut se glorifier qui s’est produit dans ta vie, en te faisant porter des fruits pour la vie éternelle.

Une nouvelle création
Par conviction personnelle, j’ai choisi de me faire enlever mes tatouages de repris de justice et ceux qui me rappelaient ma vie passée de voyou. Dieu a guéri mon coeur et il a changé ma façon de penser : cela se voit sur les mains et les poignets.
Si tu le désires, Dieu va ainsi changer et même bouleverser tes idées et ta façon de voir la vie. Il transformera aussi ta manière de réagir face aux représentants de la justice et de l’ordre. Ton entourage familial et professionnel en sera surpris.
Mon ami, Dieu veut le meilleur pour toi. Il veut te faire du bien et prendre plaisir à la vie que tu mènes. Alors choisis de le suivre afin de vivre libre malgré des tatouages qui peuvent te rappeler un passé qui n’est pas à la gloire de Dieu.

Rappelle-toi ceci – notre corps est le temple du Saint-Esprit. Ton esprit, lui aussi, sera renouvelé, car l’amour de Dieu est plus fort que tout. Il guérira les blessures de ton corps, de ton esprit et de ton âme. Marche chaque jour avec lui, et t sera toi-même étonné de ce que Dieu fera de toi.
Toi qui n’es pas encore tatoué, mais qui serais tenté de le faire, cet article veut te mettre en garde. Fais attention, ne te laisse pas influencer par cette mode et par ceux qui veulent t’entraîner à mal faire, Abandonne toute révolte ou rébellion Ne mets pas ta main dans un engrenage qui, très vite, te happera tout entier< Témoignage personnel
Déjà vers l’âge de 10 ans, je m’amusais à dessiner mon amertume. Je le faisais sur mes bras et exprimais ainsi ma révolte face à la vie tout comme ma soif inextinguible de liberté. Peu à peu, l’envie grandit en moi de me tatouer. Pour moi, c’était une manière d’imprimer ma vision de la vie, de façon indélébile, sur ma peau.
J’admirais les hommes tatoués car, à mes yeux, ils étaient pleinement libres – libres de faire ce qu’ils voulaient, où ils voulaient, quand ils voulaient. A l’âge de 17 ans, je suis passé à l’acte. Je désirais faire tatouer tout mon corps et gagner ma vie en tatouant les autres. Pour moi, c’était devenu une idée fixe.
Certains de ces tatouages exprimaient mon rejet du système familial et judiciaire, car toute ma vie ressemblait alors à un véritable enfer; amertume, haine, désirs de vengeance et révolte face à la société et à l’injustice, je me sentais exclu, rejeté par mes proches, même par mes camarades d’école. J’avais des copains… mais peu.
D’une certaine façon, il fallait que je prouve à mon entourage que j’étais quelqu’un; je ne voulais pas passer pour un nul. Un jour, je m’étais tatoué un poignard de la vengeance en jurant de tuer quelqu’un qui m’avait blessé profondément ! Peu de temps après ma rencontre avec Jésus, j’ai prié pour demander pardon à Dieu de m’être réservé le droit de la vengeance.

Grâce à ces marques, je voulais également démontrer que j’appartenais à une certaine couche de la société que j’admirais: les marginaux.
Pourtant, cinq ans plus tard, j’ai dû me rendre à l’évidence: les tatouages ne m’avaient pas donné la liberté; bien contraire, ils n’étaient que les marques de mes mauvais choix (haine, vengeance, crainte, etc.).
Matthieu NuguesPénétration de l’occulte: Les racines païennes du piercing, du branding et des scarifications, par Alain KreissLe piercing – une introduction
A ses débuts Serge Gainsbourg chantait: « des p’tits trous, des p’tits tours, encore des p’tits trous; des p’tits trous, des p’tits trous, toujours des p’tits trous! » Cela illustre bien le piège du piercing. Pour les adeptes, cette pratique est une suite logique du tatouage. Ce dernier, largement entré dans les mœurs, a perdu de sa charge anticonformiste. « C’est fatal; quand tu te passionnes pour le tatouage, tu tombes à un moment ou à un autre sur le perçage » explique un adepte du piercing.
La perforation d’un organe, serait-ce sous prétexte d’y accrocher un bijou, n’est jamais anodine, pas plus chez des peuples dits primitifs que pour les adolescents de nos sociétés postmodernes. Dans une société qui manque singulièrement de repères et de valeurs spirituelles, chaque génération se bricole efficacement des rites de passage qui en tiennent lieu. Dans un univers matérialiste où la science a supplanté la religion, le corps est sacralisé, la douleur refoulée. On est bien loin des marques initiatiques des sociétés sauvages, et pourtant la connotation magique du piercing perdure.
« Le piercing est une expérience spirituelle qui m’a appris à dissocier le corps de l’esprit. Comme une paix intérieure, le sentiment étrange de retourner d’où l’on vient. » (Témoignage d’un jeune qui en a déjà fait une dizaine et qui veut continuer.)
Alain Kreis
3 groupes ont remis le piercing au goût du jour
1 – Les punks
II est difficile d’imaginer, en 1975, que cette bande de jeunes un peu paumés de la banlieue de Londres serait à l’origine d’un mouvement de renommée mondiale, très prolifique et créatif, qui allait influencer durablement la musique, la mode, le design et le cinéma.
Rois du bricolage, les punks bidouillent leurs accoutrements avec beaucoup d’imagination et de cynisme: vêtements déchirés, tenues en sacs poubelles, chaînes à vélo, attirail sadomasochiste, bottes à pointes d’acier, cuirs cloutés, ceintures à pointes et colliers de chiens, épingles à nourrice dans le nez, les joues ou les sourcils, croix gammées, lames de rasoir et autres crucifix accrochés à l’oreille, crêtes iroquoises aux couleurs flamboyantes, sans oublier le rat sur l’épaule!

Ils sont rendus méconnaissables à force de lacérations, de perforations et d’assemblages hétéroclites.
A l’opposé du naturel prôné par les hippies, les punks arborent ostensiblement les ordures de la société de consommation, pour signifier le refus de ses valeurs. Le piercing suggère la sauvagerie, manière cynique d’insinuer qu’elle est chez nous et non pas chez les peuples dits primitifs; il fait aussi référence, avec les accessoires sadomasochistes, aux perversions, aux déviances, à l’obscénité à la rébellion, à la violence .et au déni de soi… toutes choses qui sont dérangeantes et choquantes à dessein pour notre société bourgeoise et évoluée de cette fin de 20e siècle.

II faut aussi voir que les punks ont été les porte-parole d’une génération qui a fait les frais de la crise économique et du chômage: désillusionnés et tout aussi déracinés, si pas plus que les groupes punk rock qu’ils adulent, des jeunes disaient leur désespoir avec le No Future des Sex Pistols, par exemple. Par la suite, le mouvement punk a évolué et s’est diversifié en différents courants jusqu’à nos jours. 2 – Les néoprimitifs
Ils désignent, en Occident, les adeptes les plus extrémistes des modifications corporelles ancestrales: piercing, tatouage, scarifications, branding (marquage du corps au fer rouge) ils se réclament des traditions des peuples primitifs.

Dans les années 70 sur la côte ouest des Etats-Unis un petit noyau d’individus (issus pour certains des milieux sadomasochistes, mais revêtant la journée un costard tout à fait convenable) partagent une même fascination pour les modifications corporelles et les rites de certaines tribus sauvages, mais aussi pour le bizarre, l’étrange et le pervers. Ils sont à l’origine de la version propre et aseptisée du piercing et de son déferlement actuel. Parmi les principaux protagonistes de l’époque, on peut citer un multimillionnaire américain excentrique, quelques hommes-grenouilles, un encadreur de tableaux et un fakir américain fasciné par les moeurs tribales s’exprimant dans le corps, qu’il découvre dans le National Geographic.
La demande augmentant, des salons pratiquant le piercing et vendant des bijoux adaptés (spécialement aux organes génitaux) s’ouvrent dans plusieurs grandes villes des USA, puis d’Europe. Ceux qui fréquentent ces salons sont souvent assez marginaux : les adeptes du sadomasochisme, les héritiers des punks, du hard rock et de la techno, les skinheads, les grunges et les gothiques, les milieux gays et les motards, les squatters et les toxicomanes. Pour certains, le piercing est un prolongement naturel du tatouage ; ces deux types de décoration sont d’ailleurs souvent liés.

Contrairement aux punks qui exprimaient leur désespoir au travers du piercing, les néoprimitifs le considèrent comme un embellissement, un enrichissement émotionnel, spirituel et sexuel. II s’agit, disent-ils, de faire du corps une oeuvre d’art, sanctifiée par le sang et d’étranges stigmates.
En résumé, c’est un étrange mélange de primitivisme, de sadomasochisme et de prétentions esthétiques derrière lesquelles on peut reconnaître une perversion singulière et des tendances pathologiques à l’automutilation, le tout déguisé en mouvement culturel.

Les milieux fétichistes ou sadomasochistes
Depuis un certain temps déjà, la mode s’est emparée des accessoires et de l’imagerie agressive du sadomasochisme: corps moulé de cuir et de latex, étranglé par des corsets et des lanières, décoré de piercings et de tatouages, cravaches et talons invraisemblables. Les panoplies de la domination ont quitté les salles de torture, les asiles psychiatriques et les salons feutrés pour s’infiltrer dans la rue et les défilés,… ou quand les signes du pathologique sont adulés comme le comble du chic!
La mode fétichiste est l’héritière de trois révolutions: en premier, celle des mouvements féministes dans les années 60, qui dénoncent l’image de « la femme-objet », revendiquent leur place avec colère et entrent dans des luttes de pouvoir; ensuite, celle du mouvement homosexuel qui jette le trouble, oblige à repenser la sexualité, bouleverse les repères et répand l’androgynie. Enfin, dans les années 70, la mode s’imprègne d’érotisme pervers et de toute une imagerie sadomasochiste; de nombreux stylistes se font alors un peu partout un nom dans le genre fétichiste. Un des attraits du sadomasochisme, c’est qu’il évite les luttes de pouvoir entre hommes et femmes en leur substituant la dualité domination/soumission, maître/esclave, qui n’est pas déterminée par les sexes.
Depuis 20 ans, le phénomène n’a cessé de s’amplifier; une multitude de clubs fétichistes ont vu le jour et ont contribué à la diffusion de l’imagerie sadomasochiste parmi une foule grandissante de curieux,… qui n’en adoptent pas forcément les pratiques; ils en adorent surtout le look, avec pour conséquence une banalisation du piercing, du tatouage et des looks pervers, et l’abandon des derniers tabous les concernant. Depuis quelques années, les gays, sadomaso et autres love parades fleurissent un peu partout dans les grandes villes, rendant très visible diverses perversions, le flou de beaucoup de repères, bref le malaise ambiant de nos sociétés.
Justement, avec notre manque de valeurs spirituelles et de repères, l’idée ancestrale que pour « être » il faut paraître, et que pour paraître il faut souffrir, fait son chemin. Sur le plan physique, certains se paient des chutes de tension vertigineuses, d’autres tournent de l’oeil. Tout le monde s’accorde à le reconnaître: le piercing est douloureux, ennuyeux, compliqué à gérer. II faut prendre un soin jaloux de ses bijoux, observer une hygiène irréprochable, combattre les infections, éviter parfois les vêtements ajustés, le tabac, le maquillage et autres substances irritantes, s’abstenir dans certains cas de relations sexuelles. Ceux qui se font piercer la langue en sont réduits à ingurgiter des purées et autres petits pots destinés aux porteurs de dentiers ou aux nourrissons… sans parler des problèmes spirituels dus aux racines du piercing.
Le jeu en vaut-il vraiment la chandelle ?
Alain et Anne Kreis d’après le livre  » Piercing – Rites ethniques, pratique moderne « , de Véronique Zbinden3 – Nouvelles tendances
« Esclaves des marques ou marques d’esclaves? » Le piercing étant désormais commun et presque dépassé, c’est au tour des cicatrices volontaires de devenir très « tendance. » Après le piercing et le tatouage, c’est au tour des cicatrices tribales de revenir au goût du jour chez les jeunes Occidentaux urbains. Plus rétro que ça, tu meurs!

Le branding
Aujourd’hui, les modes se suivent à toute allure: le dernier must arrivé chez nous s’appelle le « branding », c’est-à-dire le marquage d’un sigle ou d’un dessin au fer rouge sur la peau. » Une seconde d’exposition à un bout de métal brûlant, un grésillement, un soupçon de fumée et voici que débute une oeuvre artistique », raconte un adepte du branding.
Le marquage au fer n’est pas nouveau. On y avait recours sur les criminels et les esclaves. Les Français marquaient au fer rouge les criminels d’une fleur de lys sur l’épaule, afin d’en faire pour toujours des parias dans le monde civilisé. Puis ce fut le tour des protestants de recevoir cette marque. Jusqu’au 18e siècle, on marqua les voleurs de la lettre « S », pour en faire des serviteurs.
Une résurgence du marquage est venue dans les années 20 et 30, lorsque cela est devenu très populaire, au sein d’une même fraternité, de montrer leur allégeance à l’organisation par ce moyen. La pratique existe toujours et de nombreuses célébrités – surtout composées de Noirs – telles que Michael Jordan, la star des Chicago Bulls, Emmit Smiths des Dallas Cow-boys et le révérend Jesse Jackson portent gravées dans leur peau les lettres grecques de leur fraternité.
Pendant un temps, taper sur des portemanteaux en fil de fer pour leur donner une forme décorative et s’en servir comme fer à marquer, était le divertissement préféré du samedi soir de certains jeunes Américains. Aujourd’hui, l’intérêt pour le branding connaît un regain de popularité.

Les scarifications
La tendance étant au retour aux sources et aux modes ethno, voici donc chez nous la mode des scarifications (1), surgie du fond des âges; serait-ce une ultime provocation?
Pour les jeunes citadins d’Occident, c’est un nouveau jeu; ils s’amusent à se lacérer les joues ou d’autres parties du corps pour y graver des motifs qui resteront à vie. Est-ce juste pour le plaisir et pour l’esthétique?
En Europe, la pratique des scarifications a existé avant Jésus-Christ et perduré jusqu’au Moyen Age dans certaines régions. Elle est encore très présente en Afrique, dans les villages, mais aussi en ville chez les anciennes générations. II s’agit alors essentiellement de signes de reconnaissance ethnique. En Afrique noire, la pratique ancestrale de la scarification répond autant à des besoins thérapeutiques qu’identitaires, religieux, sociaux et esthétiques. Aujourd’hui interdite par certains gouvernements, la pratique subsiste cependant dans les moeurs de nombreuses communautés. En fait, ces cicatrices sont d’abord perçues comme belles par les ethnies qui les pratiquent. Signes de courage, elles possèdent aussi souvent des pouvoirs magiques.
Un des pionniers de la pratique en France nous dit: « Chez nous, cela rejoint toujours la démarche tribale, pour représenter et changer quelque chose en soi. C’est vraiment une modification profonde; psychologiquement, c’est le sens rituel qui ressort, certains changent même de noms après. C’est pour changer de statut, te faire avancer…
On s’attendait à des gens qui avaient déjà une culture tribale. On a eu des tatoués, mais petit à petit d’autres sont venus. J’ai scarifié des gens non-tatoués, non-piercés, mais pour qui la scarification faisait partie d’une quête personnelle. Ce n’est pas uniquement décoratif, c’est bien plus brut que ça… L’intéressant, c’est le passage à l’acte, faire le choix de se réapproprier, voire de renforcer son identité, même si ce n’est pas toujours conscient au départ. Le rituel est parfois vital dans certaines tribus. Ici, cela rejoint un peu ces considérations. »Inutile de préciser que ces pratiques sont très douloureuses, et cela durant un certain temps. Le branding par exemple, produit une brûlure au deuxième ou au troisième degré, avec un risque élevé d’infection.
Certains jeunes Africains vivant chez nous se posent des questions en voyant ces Occidentaux, alors qu’ils sont si heureux d’avoir échappé, parfois de peu, aux cérémonies traditionnelles de leur pays.
Et un journaliste de conclure: « C’est clair, un petit tour en Afrique ferait le plus grand bien à certains. Car à voir les timbrés et autres fondus du citron de nos contrées qui se gravent des âneries cabalistiques un peu partout… »
Alain Kreis

(1) Incisions superficielles de la peau faites au moyen de scalpels, lames de fer, crochets, aiguilles de fer, verre, coquillages ou épines. Après l’incision, il y a un traitement spécial de la cicatrisation; pour obtenir une chéloïde, il faut vraiment que la cicatrisation dégénère…